13 01 2009
#2040

Radigue


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Dans le cadre de l'exposition
I∆O. Explorations psychédéliques en France, 1968 - ∞ (28 novembre 2008-8 mars 2009)

le CAPC présente une soirée satellite "Psychédélisme & minimalisme"

Musique :
Eliane Radigue, "Naldjorlak" (création mondiale) – avec Charles Curtis (violoncelle), Carol Robinson & Bruno Martinez (cors de basset).

Films :
Paul Sharits : "Apparent Motion" (1975), "Analytical Studies I-IV" (1974-76), "Declarative Mode" (1977)

Samedi 24 janvier 2009
CAPC Musée d'art contemporain de Bordeaux
17h-23h
10 euros

La coïncidence est trop belle pour la passer sous silence : Eliane Radigue, « sculptrice sonore française » pour reprendre les mots de Daniel Caux, offre en création mondiale sous la nef du CAPC, "Naldjorlak", pièce acoustique aux résonances tibétaines, le jour même de son anniversaire.

Après plus de 30 ans de musique électronique « infiniment discrète » (Michel Chion), la trop rare compositrice bouddhiste, ancienne élève et assistante de Pierre Schaeffer puis de Pierre Henry, proche des minimalistes américains (son chemin croise celui de Terry Riley, David Tudor, Phill Niblock…) a abandonné son instrument de prédilection, le synthétiseur modulaire ARP 2500, pour se consacrer à la composition acoustique exclusivement depuis 2004.

Monumental par sa durée (2h30) et délicat par son traitement acoustique de sons continus, pulsés, bruissés, "Naldjorlak" est pensé comme une trilogie où harmoniques, subharmoniques et partielles se répondent avec une incroyable subtilité. La pièce est portée par trois musiciens virtuoses, interprètes privilégiés des répertoires de La Monte Young, Giacinto Scelsi, Morton Feldman : le compositeur et improvisateur Charles Curtis au violoncelle, la compositrice et improvisatrice Carol Robinson ainsi que Bruno Martinez, soliste de l'orchestre de l'Opéra de Paris, aux cors de basset.

Suspension du temps, dialogue avec l'éternité, voisinage avec le silence, appel à la contemplation, concentration exceptionnelle : ce qui qualifie la musique d'Eliane Radigue depuis 1970 est plus que jamais d'actualité. Mais "Naldjorlak" emmène encore plus loin la compositrice dans son voyage musical, puisque avec ses trois interprètes, la musicienne admet avoir trouvé le meilleur moyen d'approcher plus encore la « musique impalpable et irréelle » qu'elle appelle de ses rêves.

Maxime Guitton (ali_fib gigs)

Liens :
http://www.shiiin.com
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89liane_Radigue
http://neospheres.free.fr/minimal/curtis.htm
http://www.crsounds.com/

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Artiste américain apparenté à Fluxus, Paul Sharits (1943-1993) s'est imposé comme un des cinéastes expérimentaux les plus singuliers de sa génération, multipliant les modes de présentation de ses travaux, sous forme de dessins-partitions, tableaux de pellicules (Frozen Film Frames), projections multiples et installations.

Son cinéma échappe au mode conventionnel de représentation et de narration, pour interroger les éléments constitutifs de la projection et la matérialité du support filmique. Le film même comme objet est le vecteur d'une expérience élargie, où le photogramme, le défilement du ruban filmique, le grain de l'image, les perforations, les rayures... sont les composants d'une ontologie cinématographique.

Paul Sharits a appréhendé en particulier la dimension plastique et affective de la couleur, par le biais de l'intermittence lumineuse et des résonances chromatiques, selon un développement temporel inspiré par l'écriture musicale. Ses films - silencieux - sont des "récits de couleur" dont les modulations produisent une musique visuelle.

Les œuvres des années 70 projetées au CAPC offrent un contrepoint à la composition d'Eliane Radigue, proposant une expérience d'immersion où les films se déploient à la fois dans l'espace physique et sur l'écran mental de notre pure perception.

Films présentés :
"Apparent Motion" (1975 / 16mm / couleur / 28 minutes)
"Analytical Studies I-IV" (1974-76 / projection pour 4 projecteurs 16mm / couleur / 30 minutes)
"Declarative Mode" (1977 / projection pour 2 projecteurs 16mm / couleur / 39 minutes)

Avec le concours de Light Cone (Paris) et The Film-Makers Coop (New York).
Programmation / projections : Bertrand Grimault / association Monoquini

Nous sommes redevables au travail mené depuis de nombreuses années par Yann Beauvais sur l'œuvre de Paul Sharits. Il contribue à la monographie complète consacrée au cinéaste, récemment publiée par Les Presses du Réel.

Liens :
http://www.paulsharits.com/
http://www.lespressesdureel.com/
http://monoquini.over-blog.com/pages/IAO__Paul_Sharits__Films-946231.html
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www.myspace.com/alifibgigs

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